Les instruments de la batterie-fanfare.

« La batterie-fanfare est constituée par des instruments de cuivre sans pistons émettant des sons harmoniques naturels de mi bémol et de si bémol. Cet ensemble est le plus souvent renforcé par plusieurs tambours de batterie ou tambours militaires.
Dans certains cas, la batterie-fanfare peut s’adjoindre des instruments de la famille des saxhorns graves. »
Nouveau traité d’Orchestration, Désiré Dondeyne 1969 .
Instruments de la « batterie ».
Utilisés comme instruments d’ordonnance dans l’infanterie.

Le clairon.

Le clairon traditionnel français en si bémol a été inventé en 1822 par le fabriquant Antoine Courtois à partir d’un modèle de bugle anglais ; il en conserve sa perce conique.
D’abord instrument d’ordonnance de l’infanterie, il fut adopté en 1823 par les musiques militaires.
Le clairon ne possède aucun mécanisme (clef, piston ou coulisse), c’est un instrument dont les sons sont les harmoniques naturels de la fondamentale si bémol.
Pour produire différentes notes, l’instrumentiste travaille sur le souffle et la tension des muscles des lèvres.

Le tambour d’ordonnance.

Le tambour militaire a une origine très lointaine, il était déjà utilisé dans l’armée pendant la Renaissance, sous Louis XIV, et bien sûr sous Napoléon, à des fins de communication ou de transmission d’ordres.
C’est un instrument à sons indéterminés où deux peaux sont tendues sur un fût cylindrique. La peau supérieure est frappée à l’aide de baguettes, l’autre est la peau de timbre.
Il existe une école française du tambour de renommée internationale qui a développé un répertoire spécifique, ce qui en fait le seul instrument d’ordonnance à avoir un répertoire autonome d’une grande richesse.
Instruments de la « fanfare ».
Utilisés comme instruments d’ordonnance dans la cavalerie.

La trompette de cavalerie.

Comme le tambour, la trompette est un des plus anciens instruments qui ait servi pour les signaux militaires, les traces écrites les plus anciennes en attestant remontent au début du XVIIe. Cependant la première organisation de fanfares dans la cavalerie semble dater du premier Empire et y inclure cette trompette ; elle n’avait pas encore sa forme actuelle.
La trompette de cavalerie a la taille et l’aspect d’une trompette classique dépourvue de pistons, mais son tube est plus long.
Elle ne possède aucun mécanisme (clef, piston ou coulisse), c’est un instrument dont les sons sont les harmoniques naturels de la fondamentale mi bémol.
Du fait de sa perce cylindrique, son timbre est plus brillant que celui du clairon.
Pour produire différentes notes, l’instrumentiste travaille sur le souffle et la tension des muscles des lèvres.

Les timbales.

Instrument formé d’un fût hémisphérique recouvert d’une peau tendue, sur laquelle on frappe à l’aide de baguettes ou de mailloches.
Son utilisation dans la cavalerie a plutôt un rôle de parade que d’ordonnance.
C’est un instrument à sons déterminés qui s’utilise par paire ; les deux sons sont en général à distance de quinte.
Elle fut le premier instrument de percussion à intégrer l’orchestre au cours de l’époque baroque.
Actuellement, les batteries-fanfares se sont enrichies de toutes les percussions d’orchestre ; la timbale moderne (chromatique à pédale) y compris.
Les instruments de la batterie-fanfare.
La réunion des instruments sus cités auxquels s’adjoignent le cor, les clairons basses, les trompettes basses, les saxhorns et tubas, la batterie, les claviers ainsi que toutes les percussions d’orchestre constitue la batterie-fanfare d’aujourd’hui. Il est difficile de trouver exactement qui et quand a eu l’idée de regrouper la batterie et la fanfare pour en faire un ensemble à part entière. Cependant l’origine de cet orchestre remonte à 1936 et doit beaucoup à messieurs Jacques Devogel et Robert Goute, tous les deux musiciens de la Musique de l’Air de Paris.

La trompette alto.

Instrument inspiré de la trompette de cavalerie mais plus grave, dont le son fondamental est un mi bémol.
Les harmoniques de la trompette alto sont les mêmes que ceux du clairon mais en mi bémol, voilà pourquoi le compositeur Patrick Poutoire a appelé cet instrument « le clairon mi bémol » !
Du fait de sa perce conique, la trompette alto était très souvent utilisée dans les fanfares de trompettes pour jouer les 3e ou 4e parties, pour ces sonorités plus chaudes et plus rondes.
Sa tessiture contribue donc à enrichir les mediums dans cet orchestre.

Le cor.

Le cor, dont toutes sortes de conques ou autres cornes d’animaux sont à l’origine, était essentiellement développé en vénerie pour l’usage de codes de communication entre chasseurs.
Il fut intégré aux fanfares de cavalerie pour la parade et non l’ordonnance.
C’est un long tube cylindro-conique enroulé sur lui-même qui ne possède aucun mécanisme (clef, piston ou coulisse). Les sons qu’il produit sont les harmoniques naturels de la fondamentale mi bémol.
Pour produire différentes notes, l’instrumentiste travaille sur le souffle et la tension des muscles des lèvres.
Sur le même principe, il existe aussi une trompe de chasse en ré, encore utilisée de nos jours pour la chasse à courre.

Le clairon basse.

Le clairon-basse est l’homologue du clairon mais une octave plus bas.

La trompette basse.

La trompette-basse est l’homologue de la trompette de cavalerie mais une octave plus bas.

Le tuba.
Le tuba fut inventé par la firme Moritz en Allemagne en 1835 mais abondamment développé à partir de 1840 par Adolph Sax qui inventa à la même époque le saxophone (à Dinant en Belgique). Il appela d’ailleurs sa famille de tuba « les saxhorns ».

* Le bugle étant le plus petit des saxhorns (mi bémol aigu et si bémol).
* Le saxhorn ténor (spécialité française) est notre tuba ténor en si bémol.
* L’alto (saxhorn mi bémol) est plus petit et n’est pas un tuba.
* Le saxhorn baryton, plus petit que le ténor, est de moins en moins employé dans les harmonies.
* Nous avons aussi l’euphonium qui est le tuba ténor le plus international, très proche du son du Saxhorn ténor (en principe un peu plus rond).
* Puis le tuba en fa (Symphonique).
* Ensuite le tuba mi bémol plus joué dans les pays anglo-saxon.
* Le tuba Ut plus spécial pour le grave et le contre tuba si bémol plus gros en principe et plus employé comme contrebasse si bémol en harmonie, brass band et Batteries-Fanfares.
* Le sousaphone est très employé dans les batteries-fanfares (version moderne de l’hélicon) pour son son direct grâce au pavillon frontal. Je pense que l’hélicon (toujours joué à la Fanfare de Cavalerie de la garde Républicaine) a des origines plus anciennes (sans pistons à l’époque romaine).

L’emploi et le rôle de la famille des tubas sont très importants dans les batteries-fanfares. Ces instruments possèdent toutes les notes (contrairement aux cuivres d’ordonnance) et permettent de moderniser l’harmonisation et l’écriture. Ils possèdent également une assez grande vélocité.
Présentation par Marc STECKAR – Compositeur

La batterie.

La batterie a vu le jour au début du XXe siècle. Les principaux éléments qui la composent (grosse caisse, caisse claire, cymbales,…) existaient déjà au sein des orchestres classiques et des fanfares militaires. L’apparition de la batterie est directement liée à la naissance du jazz, ainsi qu’aux différentes évolutions technologiques du début du XXe siècle. Avec l’évolution du style de la Nouvelle Orléans, la batterie connaît son véritable développement, surtout grâce à des batteurs comme Zutty Singleton. Depuis la batterie, qui n’était à l’époque que l’assemblage d’une grosse caisse, d’une caisse claire et d’une cymbale, s’est beaucoup complexifiée.

Les claviers.

La famille des claviers comprend quatre instruments :

* Le Xylophone : instrument aigu à lames en bois sur tubes de résonance, joué avec des baguettes dures.
* Le Marimba : instrument grave à lames en bois sur tubes de résonance, joué avec des baguettes douces.
* le Glockenspiel : instrument très aigu à lames en métal, joué avec des baguettes dures. De nos jours souvent utilisé pour la parade.
* le Vibraphone : instrument à lames en métal sur tubes de résonance, joué avec des baguettes douces. Les tubes de résonances sont surmontés d’ailettes reliées à un moteur électrique qui, lorsqu’elles tournent, produisent un vibrato.
* Les Cloches tubulaires : jeu de cloches assemblées en clavier de façon verticale, joué avec des maillets.

Selon le type de répertoire abordé, d’autres instruments, en particulier de percussion, peuvent enrichir l’instrumentarium.

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